Peut-on définir l’hypnose ?

Il ne saurait être question ici de donner une définition « définitive » de l’Hypnose sachant que cette pratique conserve encore sa part de mystère. Ces définitions ne sauraient donc être prises – et comprises – que comme des outils facilitant l’accès à des phénomènes dits « hypnotiques » (voir glossaire pour une liste des principaux phénomènes hypnotiques).

La définition du dictionnaire : État psychique proche du sommeil provoqué par suggestion ou par des moyens chimiques (dans ce dernier cas, on parle plutôt de narcose ou de subnarcose).

Analyse : Dans cette définition, nous constatons que l’Hypnose est rapprochée du « sommeil », mais un sommeil provoqué artificiellement, soit par la « suggestion » soit par des « moyens chimiques ». Nous verrons bientôt les limites de cette définition.

La définition de Wikipedia : L’Hypnose est un état psychologique particulier qui revêt certains attributs physiologiques, similaires superficiellement à un sommeil et marqué par le fonctionnement de l’individu à un niveau d’attention autre que l’état de conscience ordinaire3.

Analyse : cette définition reste encore très proche de la première sauf que la définition prend un peu de distance avec l’idée de « sommeil ». En effet, la ressemblance n’est que « superficielle ». De plus, une donnée importante fait son apparition : « l’attention ». Mais poursuivons encore avec celui qui avait été surnommé « Monsieur Hypnose » par l’Encyclopædia Britannica : Milton Erickson.

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La définition de Milton H. Erickson : « L’Hypnose est un état de conscience – non pas d’inconscience ou de sommeil – durant lequel il existe une réceptivité marquée aux idées et à de nouvelles formes de compréhension ainsi qu’une volonté accrue de répondre positivement ou négativement à ces idées » (articles collectés, Vol IV)1

Analyse : Erickson prend soin de distinguer cet état de l’inconscience ou du sommeil. Pour lui, la réceptivité est caractéristique, mais il souligne la liberté du Sujet hypnotique qui peut accepter ou refuser les suggestions.

On est au début de la modernité de l’Hypnose. C’est cette conception qui a influencé toute la nouvelle école issue de la PNL dont on sentira l’influence chez un théoricien comme James Tripp.

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La définition de James Tripp : « L’Hypnose est l’engagement de la croyance et de l’imagination d’une personne afin de créer pour elle une altération de sa réalité subjective ». (Extrait de l’Hypnose sans Transe : au-delà du mythe de la Transe, traduit par mes soins.)

Remarque : Il n’y a plus du tout ici de référence au sommeil. En effet, cette définition met en avant trois facteurs déterminants :

1— l’ Engagement (la coopération et donc l’attention)

2— la Croyance (élément cher à la PNL)

3— l’ Imagination.

Analyse : En articulant ces trois éléments, l’Hypnotiseur parvient à altérer les fonctions cognitives d’une personne ou du moins sa « réalité subjective ».

Ma définition : L’Hypnose est caractérisée par l’absorption et le rétrécissement du champ de l’attention, la mobilisation de l’imagination et des croyances d’une personne visant à générer chez elle des processus automatiques et donc involontaires (phénomènes hypnotiques) ainsi qu’une plus grande plasticité des phénomènes cognitifs et donc affectifs.

Attention ! L’hypnose de scène se distingue de l’hypnose à visée thérapeutique. La première joue sur la plasticité temporaire de nos perceptions et de nos comportements, alors que l’autre vise à s’ancrer dans le temps et à créer un changement durable.

Pour résumer : l’hypnose ne doit pas être confondue avec le sommeil. C’est un état particulier de la conscience. Que cela soit clair, la personne est éveillée et reste en lien avec son environnement immédiat. Cependant, cet état permet une plus grande réceptivité aux suggestions.

1It [hypnosis] is a state of consciousness – not unconsciousness or sleep – a state of consciousness or awareness in which there is a marked receptiveness to ideas and understandings and an increased willingness to respond either positively or negatively to those ideas. » [Collected Papers, vol. IV, 224]